Une réglementation qui se durcit
Suite à l’adoption de la loi « Climat et Résilience » le 4 mai 2021, le secteur de la communication extérieure a exprimé son incompréhension et son mécontentement.
En cause : l’article 7 de cette loi. Il permet aux maires d’encadrer les publicités et les enseignes lumineuses situées à l’intérieur des vitrines, lorsqu’elles sont visibles depuis une voie publique.
Grâce à leur Règlement local de publicité (RLP), les communes peuvent désormais fixer des règles concernant la taille, la hauteur, la consommation d’énergie et les horaires d’extinction de ces dispositifs.
Ainsi, de nombreuses municipalités et métropoles ont engagé une révision de leur règlement. Parmi elles, la ville de Lyon, dont les nouvelles règles s’annoncent particulièrement strictes.
Malgré leur mécontentement, les professionnels du secteur souhaitent avancer de manière constructive. Leur objectif est de développer une activité plus respectueuse de l’environnement.
Pour certains acteurs, ce durcissement représente aussi une occasion d’innover. Face à l’urgence climatique, la communication extérieure doit donc se réinventer.

L’émergence d’innovations
Les acteurs du secteur s’accordent sur un point : les progrès techniques peuvent réduire l’impact environnemental de la communication extérieure.
Par exemple, les LED consomment moins d’énergie que les anciens systèmes d’éclairage. De leur côté, les encres sans solvants limitent l’utilisation de certains produits chimiques.
D’autres solutions existent également. Les enseignes alimentées par l’énergie solaire permettent de produire une partie de leur électricité. De plus, la découpe assistée par ordinateur aide à limiter les pertes de matière.
À grande échelle, ces améliorations peuvent avoir un impact important sur l’ensemble du secteur.
Par ailleurs, l’affichage extérieur est parfois présenté comme un média adapté aux enjeux environnementaux. Cependant, son impact dépend aussi des matériaux utilisés, de la consommation d’énergie et de la durée de vie des équipements.
Les professionnels s’engagent également dans des démarches de recyclage. À titre d’exemple, e-Visions, l’organisation professionnelle de la communication visuelle, a mis en place des actions avec Ecosystem pour le recyclage des néons et des enseignes.
En parallèle, la recherche de nouveaux matériaux reste essentielle. Dans le domaine des enseignes, le PVC peut notamment être remplacé par des matières naturelles, comme le bois, lorsque cela est adapté au projet.
Concernant l’éclairage, la LED s’est progressivement imposée depuis le début des années 2000. Certaines entreprises souhaitent même expérimenter la bioluminescence, qui utilise la lumière produite naturellement par des organismes vivants.
Une autre façon de communiquer
La densité des panneaux publicitaires n’est pas forcément le seul problème. En effet, selon les données évoquées dans le secteur, leur nombre aurait été divisé par deux en vingt ans.
Pour certains professionnels, la solution ne repose donc pas uniquement sur la réduction du nombre de panneaux. Elle passe aussi par une évolution des contenus publicitaires et des pratiques.
L’objectif est notamment d’encourager les afficheurs à adopter une démarche plus responsable.
La pollution visuelle reste, en effet, l’un des principaux reproches adressés à la communication extérieure. C’est pourquoi les campagnes cherchent de plus en plus à diffuser des messages utiles et citoyens.
Cette évolution s’est notamment illustrée pendant la crise sanitaire. À cette période, les réseaux de mobilier urbain ont permis aux acteurs publics de relayer des messages de prévention et de transmettre des informations en temps réel.
De plus, le développement du numérique dans la communication extérieure ouvre de nouvelles possibilités. Il permet notamment d’associer des contenus publicitaires à la diffusion de messages utiles et gratuits pour les citoyens.
Enfin, la publicité solidaire se développe également. Dans ce modèle, une marque reverse une partie du budget de sa campagne à une association.

Vers une communication extérieure plus responsable
Le secteur de la communication extérieure est régulièrement questionné sur son impact environnemental. Face à ces enjeux, les professionnels cherchent à innover et à proposer des solutions plus responsables.
Ces évolutions concernent aussi bien les matériaux que les techniques de fabrication ou les usages.
Par ailleurs, le numérique prend une place croissante dans notre quotidien. Sa présence dans l’espace public soulève donc de nouvelles questions sur la place de la publicité et la qualité de notre environnement visuel.
Certains y voient de nouvelles possibilités de communication. D’autres souhaitent surtout utiliser ces outils pour diffuser des informations utiles et mieux répondre aux besoins des citoyens.
Une chose est sûre : les préoccupations environnementales occupent désormais une place importante dans les réflexions du secteur.
Pour avancer, tous les acteurs doivent donc poursuivre leurs efforts et faire évoluer leurs pratiques. L’enjeu est de développer une communication extérieure qui répond aux besoins des usagers, tout en limitant son impact sur l’environnement.